Cinq amis se rendent au Texas. Redécouvrant la maison d'enfance de deux d'entre eux, ils s'aventurent dans une demeure environnante. L'horreur de ce qu'ils y découvriront dépasse leurs pires cauchemars... A la nuit tombée, une seule règle compte : survivre.
Massacre à la Tronçonneuse, de 1974, est culte. Qui n'a jamais entendu ne serait-ce que le titre de ce film mythique ? Évidemment, je devais voir ce film dont j'avais tant entendu parler. Verdict ? Ce n'est pas seulement un grand classique du cinéma d'horreur, mais aussi du cinéma tout court ! En plus de fourmiller de détails morbides (le décorateur s'est lâché sur le mobilier, et ça rend terriblement bien), la réalisation de Hooper est vraiment excellente, je pense en particulier à ces flashs sur le cadavre au début, et ces inoubliables gros plans sur les yeux dans la maison, sur fond de musique stridente : j'ai été surpris par la modernité de la réalisation pour tout dire. 1974, cela fait tout de même quelques années, mais on ne voit pas mieux dans les films actuels, chaque plan est étudié, cette musique parfois cosmique ou stridente n'a pas pris une ride, même les vêtements des acteurs ne m'ont pas choqué plus que ça (pourtant je pourrais citer La Colline a des Yeux 1977, le film est sorti trois ans plus tard, mais bon sang, les costumes, coiffures, etc, font complètement dépassés, alors qu'ici rien de tout ça). Mais là où Hooper donne un grand coup de pied au cul dans les films d'horreur classiques, c'est dans l'absence de gore. Oui, de tout le film, on ne voit jamais de plan tripaille ou autre. Mais comment un film comme Massacre à la Tronçonneuse peut-il avoir cette réputation sans que l'on aperçoive de corps découpés le long du film ? Justement, c'est tellement bien fait qu'on imagine tout. Les plans sont tellement bien trouvés qu'on ne nous laisse pas voir l'atroce mais qu'on l'imagine sans peine. Les bruitages font le reste. Ça n'a rien à voir avec ce remake mou du genou qu'on nous a balancé en 2003 : sur certains plans on se dit "Mais merde, pourquoi on voit rien là ?!", ici ça passe comme sur des roulettes. Le scénario du film, plus dérangé encore qu'il en a l'air, sombre histoire de cannibalisme, de meurtres atroces et de profanations de cimetières, vous accrochera jusqu'à la fin. L'interprétation est bonne, l'actrice principale a des sacrées cordes vocales si vous voyez ce que je veux dire ! Ses hurlements constituent une bonne partie de la bande sonore mais rassurez-vous tout est crédible, on ne tombe pas dans le grand-guignolesque. Le final est assez abrupte mais rien n'est choquant dans ce procédé, c'est dans la continuité du film. Que dire de plus ? Le film compte plusieurs suites, sans qu'aucune n'atteigne l'original bien entendu. Massacre 2, par Hooper lui-même, est une parodie gore du premier (assez ennuyante par ailleurs), les autres sont moins célèbres et moins réussis, et Massacre Nouvelle Génération est apparemment un navet sans nom. Le remake quand à lui est un nanar cliché qui inclut une histoire de drogue à la mords-moi-le-noeud. La cerise sur le remake : ils ont supprimé toute la partie cannibalisme. Je ne veux pas savoir qui a eu cette idée idiote mais c'est de loin la pire connerie qu'on ait pu faire dans ce film... Bref, dans la famille "Les classiques qui n'ont pas besoin du tout d'un remake" en voilà une bien belle. Toujours est-il que si vous n'avez pas vu la version 1974, ou bien avez vu le remake et avez été déçu(e), persévérez et voyez ce cultissime pilier du cinéma d'horreur (mais pas seulement, comme je l'ai dit au début de cet article). Le ronronnement de la tronçonneuse hantera vos nuits blanches...