Silent Hill de Christopher Gans

Silent Hill de Christopher Gans
Une jeune femme veut amener sa fille dans une ville dont la fillette parle souvent lorsqu'elle dort. Arrivées sur place, elle la perd, et se lance à sa recherche dans la cité abandonnée... Mais il est des endroits dont on ne sort pas indemnes...

Alors so
us prétexte qu'on a pas joué au jeu Silent Hill sur consoles on peut pas comprendre ce film ? Dommage qu'un métrage ne se suffise pas à lui-même... Certes, c'est joliment filmé, et la photographie est somptueuse (même sans aimer le film il est indéniable qu'elle en jette, seul point qui peut donner envie de revoir l'oeuvre de Gans) mais ça ne suffit malheureusement pas. Le scénario est terriblement nébuleux pour quiconque n'a pas joué aux jeux vidéo Silent Hill, on s'embourbe donc dans cette intrigue pendant les deux heures, cette histoire de ville dans un monde parallèle. Les acteurs ne jouent pas trop mal, la fliquette relève un peu le bazaar, mais là non plus ça ne suffit pas à éviter le naufrage. On a l'impression que le réalisateur s'est dit "Plus c'est noir et visqueux mieux c'est" et on assiste ainsi à un déluge de bestioles abominables qui ne dessert pas du tout l'intrigue pendant la première partie du film (là rien à comprendre, donc ça va encore). Puis arrive la seconde parti et là, on nous balance une histoire de secte à la mords-moi-le-noeud, une fillette maléfique qui détruit tout sur son passage, en parallèle l'enquête du gentil papa qui cherche sa fille et sa nénette en mettant soit disant tout en oeuvre (en réalité on le voit à la fin dormir sur son canapé, impressionnant mais c'est vrai) et quelques passages avec la blonde qui essaie de faire marcher sa voiture mais évidemment elle ne démarre pas (ah si, à la fin elle démarre au quart de tour). Certains passages vers la fin sont à hurler de rire, on peut regarder le film partiellement au second degré et c'est carrément tordant : la réplique culte "Ma chérie tout va s'arranger" alors que la fillette est accrochée à un piquet et prête à être brûlée vive par une secte satanique ne pourra pas vous laisser de marbre. Et le final ébouriffant vous achèvera : qui a déjà vu une fillette éclater en des centaines de barbelés qui lui sortent de partout pour attaquer les gens ? Du jamais vu, vous dis-je. Pourquoi fait-elle ça ? On ne sait pas mais on s'en fiche, c'est aussi burlesque que le reste du film ! Et après je lis que des gens ont adoré ce film ! Moi aussi parfois je me sens dans un univers parallèle...

# Posté le mardi 02 janvier 2007 08:23

Modifié le mercredi 09 janvier 2008 07:46

Le Manoir de la Terreur de Andrea Bianchi

Le Manoir de la Terreur de Andrea Bianchi
Quelques couples dont les hommes ne pensent qu'à fourrer et dont les femmes sont complètement sottes se rendent dans le manoir d'un riche industriel pour passer le week-end. Manque de pot pour eux, un archéologue vient de réveiller accidentellement des morts-vivants dans des souterrains non loin de là. Alors que la nuit commence à tomber sur la propriété, les survivants s'organisent pour lutter contre les zombies...


U
ne relecture de La Nuit des Morts-Vivants par un réalisateur italien ? Oui, sur papier c'était très tentant. Autant dire que la déception est à la hauteur des attentes. Acteurs bas de gamme, gore en carton-pâte, intrigue affligeante, tout y passe. Il n'y a rien à garder de ce film. Dès les premières lignes de textes on atteint des hauteurs, avec un scientifique nanar qui va réveiller des morts-vivants mal fichus : on n'y croit pas une seule seconde. Puis c'est l'arrivée des couples, et on a le droit à des histoires d'amour dignes des plus mauvais téléfilms, c'est-à-dire qu'on regarde sa montre environ toutes les deux minutes. Enfin les zombies arrivent du côté du manoir, on s'attend donc à de la castagne, mais non, même pas ! C'est lent et mou ! A noter des scènes d'action totalement innovantes par contre : un meurtre de zombie à la peinture. Evitons tout commentaire sur cette scène, si ce n'est que le ralenti héroïque lorsque la protagoniste balance le pot de peinture n'a rien à faire ici (le moment est loin d'être gracieux au point de nécessiter cet effet de style). Niveau maquillage, on se demande si le maquilleur a voulu faire rire. Là aussi on innove, en s'enfonçant carrément dans les abysses du délire artistique (le mot "carton-pâte" prend tout son sens à mesure du métrage !). Il doit y avoir un maximum de 10 figurants dans tout le film donc on revoit en permanence les mêmes zombies, ce qui crée des incohérences scénaristiques étonnantes : un zombie apparaît dans un lieu puis en quatre secondes se retrouve totalement à l'oppo. Vers la fin il est clair que les zombies se téléportent. Les effets gores du film auraient mieux fait de rester dans l'esprit du réalisateur, les têtes de zombies qui explosent sont tout le temps les mêmes (en fait on repasse le même plan d'une tête qui éclate cinq fois de suite, ils n'ont peur de rien dans ce film) et les effusions de sang sont passablement ratées. La fin du film quant à elle est complètement incompréhensible (ils nous ont gardé le meilleur pour la fin : que tous ceux qui s'acrochaient encore s'enfuient sous leur fauteuils, là ça ne rigole plus !) : un texte s'affiche à l'écran, et, c'est vraiment le sommet du film... On ne sait pas ce que ce texte vient foutre ici ! Il n'a d'ailleurs tout bonnement aucun sens avec l'histoireveloppée précédemment, et on se demande si le réalisateur ne se foutrait pas un peu de nous ! Je n'ajouterai que 3 mots concernant ce film : passez votre chemin !

# Posté le mardi 02 janvier 2007 11:09

Modifié le mardi 08 janvier 2008 06:56

La Nuit des Morts-Vivants de George A. Romero

La Nuit des Morts-Vivants de George A. Romero
A la suite du crash d'une navette spatiale, des radiations réveillent les morts qui sortent de leur tombes pour dévorer les vivants. Un petit groupe se retranche dans une maison pour résister aux assauts des zombies...


Réalisé avec des moyens dérisoires et
de façon quasi-amateur, ce film en noir et blanc de 1968, créé au départ dans un but purement lucratif, est un des plus grands piliers du cinéma d'horreur. Premier et peut-être meilleur volet de la célèbre Trilogie des Morts-Vivants qui regroupe La Nuit des Morts-Vivants, Zombie, et Le Jour des Morts-Vivants (normalement c'est une tétralogie mais j'exclus Land of the Dead qui est sorti bien des années après), ce huis-clos horrifique ne cesse de surprendre des années après sa sortie. La réalisation de Romero est assez banale mais certaines scènes se détachent du lot, comme la fameuse scène de meurtre à la truelle et les passages à l'extérieur de la maison. L'interprétation est honnête, surtout quand on sait que seule Judith O'Dea est actrice (les autres sont des clients de la prod ou même des habitants de la ville). Pas de problème au niveau du rythme, George maîtrise son sujet et nous fait passer une heure et demie sans que l'on s'ennuie une seconde. A noter également, la critique de la société raciste américaine de la fin des années 60 qui a donné une toute autre dimension au film et notamment a permis qu'il devienne le classique qu'il est aujourd'hui. Le noir et blanc donne une ambiance particulière (sachez toutefois qu'il existe des versions colorisées du film, ce que je juge absolument stupide) et renforce l'aspect quasi-documentaire de la chose. A noter qu'un remake a été créé en 91 par Tom Savini (maquilleur, cascadeur, et acteur de Zombie), il a été d'ailleurs réussi (là il et en couleur mais ça passe bien), cela peut être intéressant pour les black-and-whiteophobes qui préféreront cette version. Le personnage de Barbara y est par ailleurs nettement plus combatif (les adeptes de l'original apprécieront). Bref, un très bon film à voir au moins une fois dans sa vie !

# Posté le mercredi 03 janvier 2007 14:09

Modifié le vendredi 24 août 2007 18:14

Alien de Ridley Scott

Alien de Ridley Scott
De retour des confins de l'univers, le vaisseau commercial Nostromo retourne sur Terre avec ses 7 membres d'équipage. Un signal de détresse provenant de la planète déserte LV - 4.26 éveille leur curiosité. L'officier Kane, parti explorer cet endroit étrange, est agrespar une forme de vie inconnue... Il tombe dans le coma. Ramené à bord, il reste sans connaissance. A son réveil, tout semble être rentré dans l'ordre. Cependant, au repas du soir, Kane s'écroule sur la table, pris de convulsions violentes. Un corps étranger éclate ses côtes et sort par son abdomen avant de s'enfuir dans les couloirs du vaisseau. Le cauchemar peut commencer... Dans l'espace, personne ne vous entend crier.

Wow ! C'est tout ce que l'on peut dire face à ce chef-d'oeuvre de Ridley Scott. Alien, réalisé en 1979, commençait pourtant comme un "simple" film de science fiction, avant se révéler un des piliers de l'horreur. Le film est pourtant soft, la seule scène brutale est celle de la "naissance" sanglante de l'Alien, on remarque donc l'influence de Massacre à la Tronçonneuse qui utilise les mêmes procédés pour parvenir à ses fins. Effectivement il se trouve que Ridley Scott avait, avant de réaliser Alien, regardé Massacre à la Tronçonneuse (pensant avant visionnage que c'était un gros nanar, mais on lui pardonne, en plus il a complètement changé d'avis après l'avoir regardé), qui lui a au final tellement plu que sur le plateau de tournage il diffusait en permanence la bande sonore du film de Hooper. Donc même principe ici : peu voire pas de violence, tout est fait pour imaginer, et là aussi ça rend bien. Le scénario, qui sera copié maintes fois mais jamais égalé, est bien simple, même s'il renferme des interrogations dont on n'aura pas les réponse pour laisser de la place au suspense : d'où viennent les Aliens ? Qui est la "Compagnie" qui veut absolument le récupérer ? Ceci dit, c'est dans l'interprétation que l'on tient le point fort du film. Sigourney Weaver est absolument impressionnante et a marqué un large public en jouant dans ce film. C'est bien simple, sans elle, on n'y croirait pas, ou du moins pas autant. Là tout a l'air crédible, sensé, rationnel, alors que c'est de la SF pure et dure. Les autres acteurs sont plus ou moins bons, aucun ne joue mal mais certains sont disons plus "clichés" avec des rôles déjà vus et revus, excepté Ian Holm qui rend également son personnage très intéressant. C'est aussi dans les décors qu'ils ont fait très fort : il faut voir les intérieurs qui sont très organiques (très sexuels d'après les making-of, pourquoi pas... On peut y voir ce qu'on veut) dans le vaisseau extra-terrestre et très futuriste ou fantomatiques dans le vaisseau humain pour comprendre, mais c'est franchement de l'excellent travail. La musique est par Jerry Goldsmith (Poltergeist, Basic Instinct) c'est-à-dire extraordinaire (c'est un de mes compositeurs préférés) et nous plonge directement dans l'ambiance. Le style de Ridley Scott est agréable, pas très prise de tête et pas autant recherchée que celui d'un John Carpenter ou autre mais il nous gratifie de séquences sympathiques (longs plans à travers le vaisseau fantomatique, les passagers du Nostromo se levant lentement un à un de leur tube cryogénique, etc). Dommage qu'il y ait eu une expérimentation un peu spéciale sur l'explosion finale qui ne ressemble pas à grand chose. Je ne juge jamais un film à ses effets spéciaux mais là ça reste à noter car c'est quand même un réel décalage par rapport au reste du film. Mais ça c'est juste parce-qu'on m'a payé très cher pour que je trouve un défaut. Voilà donc, un grand film plein de qualités, à voir ! Sachez aussi que le film compte plusieurs suites toutes réalisées par un réalisateur différent, Aliens tout d'abord, qui est excellent dans un tout autre registre (le réalisateur est James Cameron, réalisateur de Titanic, Terminator 2,...), puis Alien 3 de David Fincher (Seven, The Game, Zodiac,...) qui est déjà un peu moins bon à mon goût car plusieurs longueurs, et enfin Alien, la Résurrection, torché par notre frenchie Jean-Pierre Jeunet (il aurait dû s'en tenir à Amélie Poulain et Un Long Dimanche de Fiançailles), qui est complètement à côté de la plaque : c'est du n'importe quoi tout le long du film. Qu'ont-ils fait au personnage de Ripley ? Pourquoi vouloir dénaturer cette saga mythique ? Pourquoi intercaler une nouvelle intrigue inutile ? Pourquoi avoir décidé de mettre des personnages clichés ? Autant de questions qui ne trouveront pas de réponses j'imagine, mais les réalisateurs des films précédents doivent un peu halluciner à la vision du film. Certes c'est beau mais la plastique ne suffit pas (du tout). Comment assassiner une franchise en une leçon... Heureusement qu'on peut regarder encore avec admiration le chef-d'oeuvre qu'est le premier volet !

# Posté le jeudi 04 janvier 2007 08:03

Modifié le jeudi 03 janvier 2008 10:39

Metamorphosis The Alien Factor de Glenn Takakjian

Metamorphosis The Alien Factor de Glenn Takakjian
Le docteur Michael Foster et son équipe de pignoufs gèrent des recherches génétiques classées top-secret. Un jour, alors qu'il procède à des tests sur une grenouille mutante, il se fait mordre... Et commence à muter : ils suinte de partout, son visage se "tuméfie de l'intérieur" (sic), bref rien ne va plus. Ses collègues Nancy et Elliot mettent tout en oeuvre pour inverser le processus, en vain... Maintenant, seul le canon atomique peut l'arrêter.

Rie
n qu'en lisant ça on sait qu'on a à faire à une pointure, et effectivement, dès les premières images on s'en rend compte. Comment rater un film du générique du début au générique de fin ? Glenn Takakjian et son équipe en ont le secret. On commence très très fort sur un fond d'écran Windows avec des étoiles qui défilent sur fond de musique synthétique qui nous fait d'ores et déjà perdre tout sang froid : c'est le générique. Puis commence le film et autant dire que là, les trois questions que l'on se pose resteront sans réponse jusqu'à la fin : "Les responsables de ce film avaient-ils toute leur tête ?", "N'y a-t-il que trois décors pour tout le film où je rêve ?" et autres "J'ai vraiment dépensé de l'argent dans ce DVD ?" vous accableront pendant encore de longues années. Les premières lignes de texte sont dites par la voix informatique du "complexe" (je n'aime pas ce mot, il évoque quelque chose de grand or ici on ne voit que deux couloirs et 3 employés tout le long du film... Normal, vu le générique : 11 acteurs au total, figurants inclus), je vais marquer une pause pour cette fameuse voix qui, en plus de n'avoir aucun intérêt car aucun personnage ne l'écoute, divague totalement : "Secteur jaune numéro 11, zone sous condition 3, prière d'être prudent. Les télédétecteurs indiquent une analyse bactériologique dans les normes. Flux d'électron stoppé par 10 neutrons à la 26è puissance." Si quelqu'un arrive à décrypter... Donc cette voix qui n'a rien à envier aux meilleurs traductions Google niveau facilité de compréhension doit facilement composer 20 minutes de la bande sonore et autant dire qu'à chaque fois qu'elle l'ouvre, c'est pire que la fois d'avant. Oui vous avez bien lu, ça va crescendo : à la fin du film on ne sait même plus où elle veut en venir et elle non plus d'ailleurs, on imagine sans peine la personne qui double aller prendre au hasard des mots issus de ses cours de sciences phy pour les placer dans une phrase sans queue ni tête. Neutrons, électrons, flux de particules et longueurs d'onde, rien n'est épargné. Mais elle a bon dos cette voix off, parce-que ce n'est pas la seule et tous les employés du labo (4 dont un qui se transforme en monstre, c'est à pleurer) déballent le même genre de conneries, et dans certains dialogues c'est l'escalade : on dirait que chacun veut dire plus que conneries que son interlocuteur, c'est assez impressionnant à entendre. On arrive aux incohérences qui vont du simple raccord raté (les lunettes qui disparaissent d'un plan à l'autre) à des sérieux problèmes de raccords scénaristiques : par exemple, un personnage qui meurt et qui réapparaît dix minutes plus tard, sans aucune explication et sans que les autres personnages ne s'en étonnent. Ok, ça a été écrit autour d'un gros tonneau de Vodka vers 3 heures du mat' assurément, mais quand même, ça arrive deux fois dans le film. Chez Glenn Takakjian, la moquette, ça se fume, ça se fume même bien. Ça me paraît être la plus grosse aberration du film mais il serait trop long et laborieux de faire un compte-rendu de chacune d'entre elles, il doit y en avoir une à cinq par minute. Passons à l'interprétation : ils jouent tous mal. Certes, ils ne sont pas gâtés par le doublage, mais tout de même. Aucun acteur n'est crédible et ils semblent tous se faire profondément chier (de ce côté je peux encore les comprendre). Les effets spéciaux sont sans équivalent. On se cache les yeux parfois (de honte... Enfin, quand on lit sur la pochette du DVD qu'ils sont "insupportables" (sic) on n'y pense pas vraiment dans ce sens...). Comme je l'ai dit dans l'article sur Alien, je ne juge pas un film à ses effets spéciaux, mais là c'est vraiment fait sur Paint et ça se voit. Les décors : deux ou trois comme je l'ai dit au début : deux couloirs pour représenter le "complexe" et ils ne se privent pas de les filmer sous tous les angles, et un plan d'une seconde en extérieur de tout le film. Enfin le final, une scène poignante sous le canon atomique sensé pouvoir "griller New York" (sic) (les deux héroïnes n'ont qu'à se protéger les yeux pour s'en sortir indemnes) et puis le dernier plan qui reste quand même l'énigme du film : est-ce sensé être drôle ou triste et terrifiant ? Même avec deux visions je ne sais sincèrement pas la réponse. Bref, encore un film à voir, pour une heure trente de rires ! Personnellement je me suis fendu la poire ! Je terminerai cette chronique sur l'une des plus belles répliques du film, lancée par le P.-D.G. de la boîte :
"Vous
aussi avez participé à des projets aux objectifs de loin bien peu altruistes !"

# Posté le jeudi 04 janvier 2007 11:37

Modifié le samedi 08 novembre 2008 11:14