Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato

Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato
Une équipe de journaliste qui faisait un reportage sur l'Amazonie disparaît dans la jungle après être entrée en contact avec une peuplade cannibale... Une équipe de secours est dépêchée sur place. Seules les bobines de pellicules des journalistes sont retrouvées, leur film est encore intact... Il révélera leur fin abominable.

Voilà,
je me devais de voir ce célèbre film de cannibales. Verdict... Il est extrêmement difficile d'expliquer un film comme Cannibal Holocaust. Oui, le film de Ruggero Deodato est aussi immonde qu'on le laisse entendre. Ce n'est pas tant le gore que la violence sexuelle qui m'a déçu et énervé, car elle n'a aucun intérêt, qu'il soit artistique ou scénaristique. Cannibal Holocaust est un film que l'on voit pour tester ses limites, qu'on regarde sans vraiment savoir quoi en penser, qu'on peut vénérer ou haïr pour les mêmes raisons... Et personnellement, je n'ai pas du tout aimé. Non seulement ennuyeux, ce film va loin dans l'exagération avec les tristement célèbres massacres animaliers (tortue, rat, cochon,...) qui ajoutent une dose d'insoutenable à la chose. L'ambiance très glauque qui se dégage du film m'a fortement déplu, on atteint réellement une limite dans le genre horrifique. Regarder ce film en étant habitué aux films d'horreur, c'est un peu comme regarder des films pornographiques et tout d'un coup regarder un film pédophile. C'est au-delà de ce que l'on voit habituellement, et c'est au-delà des limites qu'on se fixait inconsciemment. Ruggero Deodato dépasse, pulvérise les limites du genre, propose un film glauque, une aberration cinématographique, un chef-d'oeuvre macabre, une expérience sans égale. Un film dont il faut voir ne serait-ce qu'une moitié, comme je l'ai fait (je ne cache pas mon manque d'envie à voir la fin), pour le geste. Un film que l'on met du temps à digérer et à comprendre, que je continue de détester des mois après l'avoir vu, mais dont il faut bien reconnaître qu'un petit "quelque chose" qui s'en dégage. Âmes sensibles, s'abstenir, bien entendu.

# Posté le lundi 08 janvier 2007 14:09

Modifié le lundi 13 août 2007 10:39

Audition de Takashi Miike

Audition de Takashi Miike
Veuf depuis sept ans, Aoyama rêve de se remarier. Avec l'aide d'un ami, producteur de télévision, il organise un casting pour une série imaginaire. Au terme des auditions, il pense effectivement avoir trouvé la perle rare en la personne d'Asami, jeune femme à la beauté troublante. Mais à mesure que le mystère qui entoure Asami s'épaissit, un piège d'une cruauté inouïe semble se refermer sur Aoyama...
Peut-être est-il... déjà trop ta
rd ?


Au
dition, avatar du cinéma horrifique Japonais, fait partie de ces films que l'on peut aimer ou détester sans savoir vraiment pourquoi. Particulier, le style de Takashi Miike pourra en rebuter plus d'un : certes, ses airs de David Lynch pourront donner de l'allure à ses ouvrages, mais son style narratif très particulier pourra dérouter. Oui, Miike n'est pas un réalisateur que l'on pourrait qualifier de simpliste. De son propre aveu, Miike s'est amusé à perdre son spectateur à la fin de Audition : où est le vrai ? Où est le faux ? Pourquoi Asami fait-elle tout ça ? Ces questions ne trouvent de réponse que dans l'esprit du téléspectateur, car aucune n'est clairement expliquée durant le métrage. Métrage d'ailleurs bien surprenant : le film commence comme un drame, d'où l'étonnement lors du retournement de situation brutal. Inexorable montée en puissance, ce pseudo-mélo qui vire au jeu de pistes se conclura par l'une des meilleures scènes du film, le style miikien grandeur nature, la fameuse torture d'un des protagonistes où les effets gores alliés à la réalisation de Miike (vues subjectives, imaginaire) se confrontent en un seul passage foudroyant. Proposant une interprétation honorable (le personnage d'Asami dégage vraiment une inquiétude grandissante tout au long du film), l'oeuvre est malheureusement désavantagée par une version française peu réussie, mais cela n'empêchera pas un public peu exigeant d'apprécier le film à sa juste valeur. La version originale (en japonais) est par contre nécessaire pour les plus pointilleux d'entre vous qui risqueraient de précier le film à cause de ce doublage. Bref, un film à suspense, mais avant tout un film d'auteur, que nous a concocté ici Takashi Miike. Laissez-vous séduire par ce thriller venu du Japon !

# Posté le mercredi 14 février 2007 15:30

Modifié le jeudi 03 janvier 2008 18:32

Massacre à la Tronçonneuse : Le Commencement de Jonathan Lieberman

Massacre à la Tronçonneuse : Le Commencement de Jonathan Lieberman
1969. La guerre du Vietnam exige toujours plus de moyens et d'hommes. Dean a été tiré au sort pour partir se battre et son frère aîné, tout juste rentré du front, est prêt à y retourner pour le protéger. Avant l'échéance fatidique, les deux frères et leurs petites amies, Bailey et Chrissie, se retrouvent en virée au Texas, décidés à prendre du bon temps. Lorsqu'un motard les agresse, leur vie bascule. Pris en chasse, ils tentent de s'enfuir, mais la course finit en accident. Chrissie est éjectée du véhicule. De loin, elle assiste à la tentative de vol du motard sur les siens et à l'arrivée salvatrice du Shérif Hoyt. Pourtant, elle ne tarde pas à découvrir que derrière ce sauveur se cache un bourreau. Celui qui était censé venir en aide à ses amis va les conduire droit en enfer. Les autres membres de la terrifiante famille Hewitt n'habitent pas loin... Face à l'horreur, Chrissie est le dernier espoir de ceux qu'elle aime (ils ont de sérieux soucis à se faire...).

Massacre à la Tronçonneuse : Le Commencement, ou comment racheter toutes les erreurs du remake de 2003 en un coup ! Oui, il y a quelques clichés, mais on n'atteint pas les sommets du dernier film (oui d'accord y'a une blonde à forte poitrine mais quand même !)... Le film est brutal et souvent violent et sanglant, parfois gore aussi, ce qui ne déplaît en rien : tronçonneuse dans le bide, jambes découpées, bras dépecé, c'est varié et toujours sympa. L'interprétation est correcte, mais c
'est surtout R. Lee Ermey dans le rôle de l'excellent Shérif Hoyt qui est impressionnant. L'acteur, qui avait déjà fait ses preuves en frappa-dingue dans le Full Metal Jacket de Kubrick nous réserve ici en effet un jeu de qualité, arrivant à placer très habilement de l'humour noir et rentrant vraiment dans la peau de son personnage. La réalisation est assez bonne et on nous gratifie de quelques plans sympathiques (Aaahh, Leatherface marchant de dos sur la route avec sa tronçonneuse...) pour ne rien gâcher. La bande sonore est efficace, même si elle ressemble à celle de n'importe quel autre film d'horreur, mais bon point : ils ont repris certains effets sonores cosmiques de l'original, notamment dans le générique, et là je dis chapeau. Les personnages sont sympas, l'héroïne assez drôle (ah ce n'était pas voulu ? Non parce-que pour dire des truc comme "Ne bouge pas, je reviens" à un type coincé depuis des heures par un piège à loup, se cacher sous une table de torture qui va servir, demander si ça va à un type dont le bras vient d'être dépecé...) mais ça ajoute un peu d'humour au film et franchement c'est quasiment un bon point. Mais à part ça, le film est bon : on ne s'ennuie pas une seconde, le gore est efficace, les cris stridents, bref, que demande le peuple ? Un film à voir pour en prendre plein les yeux, c'est tellement bon de temps en temps ! Alors effacez de votre esprit le remake de 2003 et sautez sur cette petite bombe sans hésiter !

# Posté le samedi 24 février 2007 03:33

Modifié le dimanche 06 janvier 2008 12:51

Carrie de Brian de Palma

Carrie de Brian de Palma
Adolescente mal dans sa peau, Carrie est le souffre-douleur des élèves du lycée. Tyrannisée par une mère fanatique et des lycéens insensibles à sa douleur, sa vie est un véritable enfer. Puis elle se découvre un pouvoir encore inexploré : elle peut déplacer des objets, des choses, par la seule force de la pensée... Le bal de fin d'année approche. Tomy Ross, le seul garçon qui semble comprendre et apprécier Carrie, l'invite à être sa cavalière. Mais si derrière cette chance, trop belle pour être vraie, se cachait une farce plus cruelle encore que les autres ?

Inoubli
able. Carrie, film fantastique dramatique réalisé par Brian de Palma, fait sans aucun doute partie des plus belles réussites du réalisateur américain. Doté d'un casting extraordinaire (Sissy Spacek époustouflante en Carrie, rendant presque son carnage excusable ; Nancy Allen rendant son personnage de Chris Hargensen insupportable), ce film est un coup de maître sous tous les points de vue : le scénario, adapté du livre de Stephen King, est brillant et nous montre les affres de l'adolescence de manière très crédible ; la bande sonore qui n'a pas vieilli et reste tout à fait convenable et fait des références au Psychose de Hitchcock ; et surtout la réalisation de Brian de Palma : c'est vraiment un délice pour les yeux, Brian se fendant de plans rapides et saccadés parfois, de spilt screens aussi, de ralentis, une réalisation très personnelle donc, comme on pouvait s'y attendre. Ce talent impulse ainsi à certaines scènes une puissance indescriptible à l'écrit : la scène des seaux de sang, au ralenti, est vraiment renversante. C'est poignant, triste, mais en même temps magnifiquement filmé. On peut tout à fait classer Carrie dans la catégorie "drame" grâce à des scènes de ce type. Certes, quelques costumes peuvent paraître démodés, mais qu'importe, le tout est tellement bon que ça reste très crédible... Crédible parce-que nous avons tous été ou nous avons tous connu une Carrie, Carrie c'est un peu une partie de nous, on peut la comprendre, apprécier son personnage, comprendre et excuser ses actes, et c'est cette sensation de rapprochement entre le personnage et le spectateur qui peut permettre un tel plaisir à regarder ce film. Rien n'est laissé au hasard, on passe quatre-vingt quinze minutes sans s'ennuyer une seule seconde, et pour ça nous pouvons dire un grand merci à Brian de Palma qui nous a livré un film intemporel et surtout, émouvant.

# Posté le jeudi 08 mars 2007 07:36

Wolf Creek de Greg McLean

Wolf Creek de Greg McLean
Trois jeunes partent faire du trekking dans le désert australien. Ils s'arrêtent quelques heures à Wolf Creek, un cratère impressionnant creusé par la chute d'une météorite il y a plusieurs milliers d'années. Après une longue randonnée, ils retrouvent leur voiture en panne... La nuit les empêchant de voir quoi que ce soit, ils rentrent dans le véhicule et attendent. Lorsqu'un autochtone affable et particulièrement sympathique leur propose de les ramener à son campement pour la nuit et d'y vérifier la voiture, ils acceptent... C'est pourtant le début d'un glauque et sanglant cauchemar.

Et
si les boogeymen (les méchants célèbres dans les films d'horreur, comme Michael Myers, Freddy Krueger pour ne citer qu'eux) que nous connaissions étaient renvoyés au placard d'un seul coup de baguette ? Loin d'être un film clichesque et pompeux, Wolf Creek nous offre sur un plateau d'argent l'un des psychopathes les plus terribles du Cinéma d'horreur, tout simplement. Reprenant un décor style La Colline a des Yeux (un désert), le film diverge cependant dans le scénario : aucune touche de fantastique, et c'est bien là qu'on atteint l'horreur. Le boogeyman donc, fait preuve d'un sadisme et d'une cruauté que les fans d'horreur ne renieront pas. Il suffit de voir la scène de la "Tête sur un pieu" (que je n'expliquerai pas ici pour ne pas vous gâcher le suspens) pour comprendre que Wolf Creek ne fait pas dans la demie-mesure. Mais commençons par le commencement : le film démarre on ne peut plus banalement comme un road movie sympathique, qui se permet de durer la moitié du film mais à l'inverse d'Hostel qui se payait ce même luxe, Wolf Creek n'ennuie pas une seconde. Les personnages sont très étoffés et on est loin des clichés habituels, ce qui est très agréable. Oui, il y aura une histoire d'amour, mais elle restera très pudique et ne tombera aucunement dans le mélo ridicule. On remerciera pour ces deux points l'interprétation réaliste et vraiment appréciable des quatre acteurs principaux qui participent à notre immersion complète dans le film de par leur talent (on s'attachera d'ailleurs beaucoup au personnage de Liz). La réalisation est réellement bonne, voire magnifique sur certains plans, et agrémentée de plans des superbes paysages australiens. Le déclenchement de l'horreur arrive à un moment où on ne s'y attend pas, et à partir de là c'est du survival, le genre qui tache bien. Et, cerise sur le gâteau, on ne s'attend pas à qui va s'en sortir ou non, contrairement à certains films où on dit dès la troisième minute "Ah, elle / il va s'en tirer". Que peut-on reprocher à ce film ? Une seule chose, sa fin. Elle n'est pas "mauvaise" certes mais on aurait préféré quelque chose de plus fort. Et pourtant... C'est l'un des seuls (le seul ?) film dont la fin ne marque pas mais ne gâche pas le reste. Même si on peut moins apprécier le final, le reste est tellement bon qu'on continue d'aimer le film... En conclusion, un film d'abord pudique, attachant dans sa première partie et qui devient l'un des survivals les plus terribles qui soient dans sa seconde. Un vrai must à ne surtout pas manquer.

# Posté le samedi 24 mars 2007 17:05

Modifié le vendredi 22 juin 2007 04:22