Zombie est une œuvre que l'on oublie pas. Emblème du cinéma d'épouvante de la fin des années 70, le film de George A. Romero est aujourd'hui salué par les fans du genre comme le must-have-seen du film de morts-vivants. Le métrage, alliant horreur à critique de la société de consommation, atteint parfaitement son but : reprenant les morts-vivants du précédent opus de 68 La Nuit des Morts-Vivants, le film se permet des scènes gores pour le moins réussies, Tom Savini oblige. On a droit à des décapitations, des explosions de têtes, du sang, des morts, beaucoup de festins cannibales, des éventrations... Le film va même encore plus loin dans l'horrible lors d'une scène de fusillade de deux enfants zombies, un moment qui a dû retourner plus d'une personne au comité de censure cette année-là! Bref, d'entrée de jeu, on nous annonce la couleur. Les maquillages sont malheureusement peu convaincants, et c'est là que le bât blesse : Tom Savini l'avoue d'ailleurs lui-même au cours d'une interview, il a honte du faux sang de Zombie. En effet, le sang se résume à de la peinture rouge vaguement orangée parfois, mais ceci étant monnaie courante pour ce genre de films à l'époque on ne s'attardera pas vraiment dessus... C'est surtout dans les maquillages faciaux que le point faible du film réside : les zombies, loin d'être pâles ou décomposés comme ils peuvent l'être dans d'autres films, sont bleus (selon plusieurs sources, ça n'a rendu comme ça qu'une fois à l'écran car en vrai ils n'étaient pas bleutés comme ça)... Les adeptes de Romero pardonneront, le public plus fermé acceptera moins facilement. Le scénario quant à lui est simple, mais permet au long des deux heures du film de développer énormément les personnages entre deux raids contre les zombies. L'interprétation est efficace, malheureusement les doublages de l'époque étaient toujours les mêmes et peuvent en rebuter plus d'un qui leur préféreront les voix de la version originale. Gaylen Ross se détache du lot, entrant parfaitement dans la peau de Frannie. Le maquilleur Tom Savini, décidément polyvalent, est également un des acteurs en la personne du meneur des motards, réalisant quelques cascades lui-même. La musique est tout à fait dans l'époque du film, avec synthé et tout ce qui va bien, mais offrant aussi une bande-son des Goblins de qualité comme à chaque fois (quoiqu'un peu répétitive parfois), permettant d'ajouter un soupçon d'angoisse lors de certaines scènes où les zombies arrivent en masse, lentement, vers un humain... La critique de la société de consommation passe facilement : qui sont ces zombies qui déambulent dans le centre commercial ? On y voit la métaphore des acheteurs, qui reviennent au centre commercial car ils n'ont fait que ça toute leur vie et gardent cette habitude pendant leur mort : la critique pourrait quasiment passer inaperçue mais elle est d'autant plus forte qu'elle n'est pas du tout un bourrage de crâne comme on a le droit dans certains films. Le final du film est difficile à classer en tant que fin heureuse ou malheureuse tant celle-ci s'avère mitigée, même si elle reste quand même très pessimiste globalement. Un film phare d'une époque donc, mais aussi un monument du film d'horreur qui ne demande qu'à être visionné ! Laissez-vous tenter ! =)



