28 Semaines Plus Tard de Juan Carlos Fresnadillo

28 Semaines Plus Tard de Juan Carlos Fresnadillo
6 mois et demi après l'effroyable épidémie qui a ravagée l'Angleterre, le virus de la Fureur est déclaré éradiqué et l'armée américaine réinjecte des civils dans un quartier entièrement réhabilité de Londres. C'est dans ce contexte que Don, un survivant, retrouve ses deux enfants, partis en voyage scolaire au moment de l'infection. Alors que tout le monde essaie de reconstruire sa vie, sous la surveillance de l'armée américaine, la Fureur refait surface à Londres...

Une suite
à 28 Jours Plus Tard ? Pourquoi pas. N'étant pas archi-emballé par cette annonce, j'ai décidé d'aller voir quand même ce film de "contaminés" (Ce ne sont pas des zombies, insiste Danny Boyle) faisant écho à un premier volet qui ne m'avait pas marqué plus que ça car trop long et inégal au niveau du rythme. Et pourtant... Dès la (sensationnelle) scène d'introduction, on ne peut qu'adorer ce film à l'esthétique bien dans l'optique de son prédécesseur, mais à la forme totalement différente ! Juan Carlos Fresnadillo impose sa patte au métrage et le résultat est tout bonnement extra : l'intensité émotionnelle de certaines scènes est éblouissante, parfois on a l'impression d'assister à des scènes hybrides très réussies entre drame et horreur ! Lesdites scènes étant encore améliorées par la présence des compositions superbement sombres de John Murphy (déjà compositeur pour le métrage de Danny Boyle) on ne peut rester de marbre devant ces harmonieux carnages orchestrés à la perfection. On suit donc un petit groupe de personnages plus ou moins étoffés, tous crédibles (Robert Carlyle et Catherine McCormack, bluffants), dans ce Londres fantôme qu'on ne se prive pas d'admirer sous tous les angles : la City complètement vie, le pont de la Tamise désert... Autant de visions apocalyptiques ultra-réalistes qui apportent au métrage une crédibilité supplémentaire à l'histoire d'épidémie qui tenait déjà relativement bien la route. Que manquait-il donc à ce film de "zombies" pour vraiment atteindre les hautes sphères du genre zombie-movie ? La fameuse critique "à la Romero", qui ne manque pas à l'appel ici : le parallèle entre l'intervention des Marines à Londres et celle en Irak est inévitable. Les ingrédients sont tous là, et la dose de gore/sanglant est bien présente également malgré la surprenante interdiction aux moins de 12 ans (avec ces interdictions on a vraiment droit à tout et son contraire...). On ne s'ennuie pas une seconde dans ce film qui nous gratifie même d'une fin d'un pessimisme qui fera frémir les plus blasés ! Dans l'attente d'un 28 Mois Plus Tard, ne passez pas à côté de ce must !

# Posté le mardi 06 novembre 2007 10:22

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 09:59

Halloween de Rob Zombie

Halloween de Rob Zombie
Haddonfield, Illinois. Un soir d'Halloween, Michael, jeune garçon psychologiquement tourmenté, assassine la moitié de sa famille et est incarré dans une clinique psychiatrique pendant 17 ans. Un soir, il s'évade en massacrant ses gardiens. Samuel Loomis, brillant psychiatre stant occude Michael, part à sa poursuite... Une course qui lene tout droit à Haddonfield.

J
ohn Carpenter peut se rassurer : cet Halloween version 2007 n'atteint pas l'original de 1978. La claque annoncée ne laisse qu'un gt amer dans la bouche : à trop se centrer sur le personnage de Michael Myers, devenu colosse sans âme, Rob Zombie est passé à côté de son sujet. Petit retour en arrière... En 1978, Halloween de John Carpenter posait les bases du slasher tel qu'on le connaît aujourd'hui : victimes adolescentes tuées une par une, tueur au grand couteau, le tout dans un univers très aricain. Actuellement on peut trouver que tout cela paraît cliché, déjà vu : oui, mais Halloween posait justement ces clichés comme quelque chose de nouveau, et c'est uniquement parce-qu'il a été copié des dizaines de fois qu'il ne semble pas apporter de neuf. Et c'est là que Rob Zombie fait une erreur : il ne crée pas comme l'avait fait son modèle, mais il reprend vainement les clichés actuels du genre : la victime qui rampe vers le téléphone, le tueur qui se relève toujours, les scènes chaudes un peu racoleuses... Et sans se limiter à ces détails, les clichés imprègnent également les personnages qui passent du trio plutôt attachant de 1978 à des greluches sans cervelle dont on attend impatiemment une seule chose, qu'elles se fassent dézinguer. Là où la remake ne déçoit pas, c'est dans la première partie, sympathique, sur l'enfance de Myers : superbe occasion pour Malcom McDowell de laisser son talent s'exprimer au travers de son personnage, le docteur Loomis; ainsi que pour Sheri Moon Zombie qui entre parfaitement dans son rôle. Ne nous limitons pas pourtant à quelques défauts, ce serait passer à côté d'un slasher plutôt bon : il faut dissocier ce remake de l'original pour pleinement l'apprécier. En tant que tel, le film nous propose un score de qualité (par Tyler Bates, qui nous avait déjà pleinement satisfaits pour L'Armée des Morts de Zack Snyder, et qui reprend ici plusieurs compositions du film original), ce qu'il faut de tension, une esthétique glauque et soignée aux petits oignons par Rob Zombie, des meurtres nombreux, des poursuites, un psychopathe increvable, muet comme une carpe mais pourtant étrangement charismatique, un grand couteau, et une dose raisonnable de sang : le tout est efficace du point de vue divertissement. Dommage quand même de justement nous divertir quand on attendait le grand frisson, ou du moins la vraie relève de Halloween 1978... Un film à double tranchant donc, auquel les aficionados de l'original n'adhéreront pas forcément, mais qui peut plaire aux profanes de la saga.

# Posté le mercredi 07 novembre 2007 10:47

Modifié le dimanche 18 novembre 2007 03:53

[Analyse] Sunshine de Danny Boyle

 Sunshine de Danny Boyle
Attention, cet article révèle quelques moments de l'intrigue

Dans un futur proche, le soleil menace de s'éteindre. Envoyés dans à bord de l'ICARUS II, des scientifiques tentent la mission de la dernière chance pour relancer l'activité de l'astre agonisant. C'est aux abords de l'énorme étoile que refait surface l'ICARUS I, vaisseau disparu des années auparavant, dont la mission était déjà de relancer l'activité solaire. Alors que l'équipage tente de s'appareiller au bâtiment apparemment désert, l'ordinateur central de l'ICARUS II détecte une présence supplémentaire à bord. La traque peut commencer...

(Analyse de l'ambigüité du personn
age du Capitaine Pinbreaker).

Il est rare,
et c'est un euphémisme, de lire quoi que ce soit au sujet de la symbolique du Capitaine Pinbreaker, capitaine de l'Icarus I... Pourtant ce sujet d'étude est loin d'être inintéressant. J'ai interprété sa présence autrement que par la simple présence du Capitaine, car pour moi il n'existe pas, et ça fait 7 ans qu'il n'existe plus. Selon moi, c'est plus que le Capitaine Pinbreaker : c'est la matérialisation de la volonté divine.

Pour développer
ma thèse je vais commencer par dire des arguments contre le fait que ce soit bien le vrai Pinbreaker. Tout d'abord plusieurs choses nous montrent que sa présence en tant qu'humain est improbable : lorsque l'équipage de l'Icarus II arrive sur l'Icarus I, ce dernier est clairement éteint, aucun système ne fonctionne ni aucune lumière. Comment expliquer que Pinbreaker aurait pu survivre dans un environnement où même l'oxygène n'aurait pas pu circuler (les ventilations sont arrêtées, c'est d'ailleurs visible à l'écran dans la salle du Jardin) ? De plus, on ne sait pas comment il arrive sur l'Icarus II. On pense au sas, mais en regardant bien, c'est là encore peu probable : avec toutes les caméras de la salle de contrôle, les membres de l'Icarus II n'auraient-ils pas vu un intrus se faufiler dans les couloirs ? Ces incohérences volontaires m'ont amené à penser que ce capitaine n'est qu'une symbolique et que son personnage n'existe pas.

En effet, tout le monde aura noté s
a force prodigieuse. Un homme de son âge (il a les cheveux blancs), dans sa condition (resté enfermé 7 ans dans un vaisseau à l'abandon et au corps très brûlé), n'a techniquement pas la force suffisante pour soulever des gens à bout de bras. Cette force supérieure qui oeuvre pour empêcher les hommes de réactiver le soleil symbolise ici la volonté divine. Comme Pinbreaker le disait dans son message vidéo. Et l'opposition de l'équipage de l'Icarus II face à Pinbreaker représente l'opposition des hommes face à la nature (soit la volonté divine), opposition qui se matérialise par le fait de vouloir rallumer par la force de l'homme un soleil mourant.

Le fait de ne
pas voir Pinbreaker en entier m'a également interpellé. Lorsque la caméra se pose sur lui, l'image se trouve violemment déformée. Ce procédé n'est pas utilisé sans sens. Je suis revenu à l'antiquité pour trouver une réponse qui me semblait plausible sans pour autant que ce fut forcément la bonne : selon plusieurs croyances antiques, nous savons que les hommes ne pouvaient pas voir les dieux directement car leurs yeux seraient brûlés instantanément. Ici, ce procédé loin d'être seulement stylistique nous montre que justement, Pinbreaker est une incarnation divine (on ne peut pas réellement le voir). Techniquement, on pourrait le voir, les protagonistes le voient d'ailleurs sans problème. Pour moi c'est donc juste un indice laissé par Danny Boyle.


Po
ur résumer, ce serait donc la nature qui reprendrait ses droits en prenant formehumaine, selon la volonté divine énoncée par Pinbreaker dans le message vidéo.

Voilà, cette peti
te analyse est terminée, n'hésitez pas à donner votre point de vue... A vos commentaires !

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 13:27

Modifié le mercredi 28 novembre 2007 13:42